La séropositivité est la présence (=positivité) d’anticorps anti-VIH dans le sang (séro = provient du mot sérum, formé à partir du plasma sanguin).


A – Le test ELISA

Il permet de repérer la présence dans le sang d’anticorps anti-VIH par une réaction immuno-enzymatique : s’il y a présence d’anticorps, une coloration apparaît, plus ou moins intense selon la concentration des anticorps dans le sérum, le sujet est séropositif. Cependant, cette méthode n’est pas toujours fiable : si le test est fait trop tôt après la contamination, le taux d’anticorps formés est trop faible et le test est négatif, alors que le sujet est infecté. De même, des individus peuvent être déclarés séropositifs à tort, ayant des anticorps contre d’autres virus de formes proches de celles des anti-VIH et réagissant lors du test ELISA, car ils peuvent aussi se fixer sur les antigènes viraux du VIH

Dans tous les cas, il faut alors confirmer la séropositivité par une autre méthode : le Western blot.


B – Le Western Blot

Cette méthode permet de tester la présence des protéines spécifiques du VIH-1 et du VIH-2 : gp 120, gp 41,….

Les protéines p et gp du VIH sont séparées selon leur masse moléculaire sur un gel par électrophorèse et transférées, par migration, sur un support solide telle une membrane de nitrocellulose. On a alors des bandelettes-tests prêtes pour le dépistage.

Le sérum à tester est déposé sur cette membrane (B). Un témoin est réalisé avec le sérum d’un individu non infecté par le VIH (A). Une protéine repère (PR) nonVIH permet d’aligner les bandes.

Si le sérum contient des anticorps anti-VIH, ceux-ci sont des anti-gp120, anti-gp41, anti-p24, ….ils se fixent donc sur la bandelette aux différents endroits où se trouvent les protéines du VIH et sont révélés ensuite par une réaction immuno-enzymatique : il y a coloration aux endroits où sont fixés les anticorps anti-VIH (sujet B).

western_blot4

Ce test, beaucoup plus fiable confirme ou non la séropositivité d’un individu


C – Les traitements mis en jeu : les anti-rétroviraux

La phase asymptomatique peut durer plus ou moins longtemps, selon ces traitements (16 ans au plus actuellement)

Ces traitements sont des médicaments qui vont agir à différents moments du cycle du VIH, pour le bloquer :

- inhibiteurs de la transcriptase inverse, tels que l’AZT, la néviparine, DDI, 3TC, D4T... On distingue deux types d’inhibiteurs en fonction de leur mode d’action : des analogues nucléosidiques et des analogues non nucléosidiques.

     - inhibiteurs de l’intégration de l’ADN viral formé au génome des cellules cibles

   - inhibiteurs de la protéase nécessaire lors de l’assemblage des protéines virales pour former les nouveaux VIH, tels que l’indinavir, saquinavir, ….Les antiprotéases bloquent l’action de cette enzyme, privant l’enveloppe des virus de leur caractère infectieux : leurs protéines de surface ne reconnaissent plus les récepteurs CD4 des lymphocytes.

Actuellement, les médecins donnent un mélange d’au moins 3 de ces inhibiteurs : trithérapie, avec 2 inhibiteurs de la transcriptase inverse et 1 antiprotéase. Cependant, ils sont à l’origine d’effets secondaires (nausées, vomissements,..) qui font que des malades ne suivent pas toujours ce traitement, le VIH reprend alors sa multiplication.
 
Cependant, des cas de plus en plus nombreux apparaissent de résistance aux médicaments :
en 1992, le premier cas de transmission d’un virus résistant à l’AZT est décrit. En 1996 les premières transmissions de virus résistant à un autre médicament anti-SIDA apparaissent. Enfin, dès 1998, des cas de transmission de virus multi résistants, porteurs de mutations les rendant résistants aux antiprotéases et aux inhibiteurs de la transcriptase inverse– c’est-à-dire résistant à des trithérapies. [la résistance du virus aux inhibiteurs de protéase est devenue un problème sérieux et complexe : au moins 11 des 99 acides aminés de la protéase HIV peuvent se modifier et quand même produire un virus viable]

Actuellement, aucun médicament ne peut stopper la reproduction virale suffisamment, mais ces médicaments améliorent l’espérance de vie et la qualité de vie des malades